Trois grimpeurs français conquièrent sans équipement la Directe de l’Amitié aux Grandes Jorasses, réputée comme étant la voie d’escalade la plus exigeante

Trois jeunes alpinistes français ont remporté un succès remarquable dans le massif du Mont-Blanc. Esteban Daligault, Virgile Devin et Simon Martinet ont conquis la Directe de l’Amitié, une voie extrêmement difficile des Grandes Jorasses, sans équipement d’aide externe. Cette réussite intervient peu après une autre ascension historique majeure réalisée par d’autres grimpeurs français.
La voie présente des défis exceptionnels et techniques. Virgile Devin, membre de l’équipe de France de cascade de glace, a décrit l’expérience comme l’aboutissement de trois années de préparation. La paroi inspire une grande crainte aux alpinistes. La roche elle-même s’avère problématique sur toute la face, avec une texture sableuse rendant la progression extrêmement délicate et exigeant une maîtrise parfaite des piolets et crampons.
Les trois compagnons, âgés de vingt à vingt-cinq ans, se sont lancés depuis Chamonix un dimanche. Ils transportaient des portaledges pour bivouaquer directement sur la paroi, ainsi qu’un équipement minimaliste mais judicieux. Malgré le froid intense et une deuxième nuit particulièrement éprouvante, le trio a persévéré. Le passage le plus redouté, réputé quasi infranchissable, a finalement cédé grâce à leur détermination et leurs compétences exceptionnelles en escalade de glace.
Esteban Daligault a relaté sur les réseaux sociaux les ultimes phases de l’ascension. Surplombs, dièdres et blocs gelés ont marqué la dernière étape. Ils ont atteint le sommet dans l’obscurité nocturne, se tenant sur une arête exiguë. Quelques minutes après, en sécurité et épuisés, leur regard disait l’intensité du moment vécu. Daligault a affirmé avoir réalisé une ascension complète, une véritable chance.
Cette voie avait une histoire antérieure distincte. Elle a été ouvertement gravie en hiver 1974 par Yannick Seigneur et ses compagnons, avec une approche différente utilisant des systèmes d’ascension mécaniques sur cordes. La progression des trois jeunes alpinistes représente donc un accomplissement dans un style plus pur et plus exigeant du point de vue éthique.



