Le président de Fifpro Europe et de l'UNFP David Terrier exprime son opposition face aux décisions de la FIFA concernant le calendrier international des matchs
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Le président de Fifpro Europe et de l’UNFP David Terrier exprime son opposition face aux décisions de la FIFA concernant le calendrier international des matchs

Aliou Sembène

Un différend oppose depuis plusieurs mois la FIFA et la Fifpro, le syndicat mondial des joueurs. Cette tension s’est intensifiée récemment lorsque l’instance dirigeante du football mondial a organisé une réunion à Rabat consacrée au bien-être des footballeurs, mais sans inviter la Fifpro. Cette réunion rassemblait principalement des syndicats mineurs provenant de fédérations africaines et asiatiques.

La FIFA pose une condition incontournable : elle refuse de dialoguer avec la Fifpro tant que cette dernière ne renonce pas aux procédures juridiques engagées contre elle, notamment concernant le calendrier international et les transferts. David Terrier, leader de Fifpro Europe et de l’UNFP, qualifie cette exigence d’inacceptable. Il affirme que la négociation reste indispensable pour servir les intérêts des joueurs et du football en général, en demandant davantage de respect.

La FIFA prétend que sa porte demeure ouverte aux discussions sincères et respectueuses. Cependant, Terrier accuse l’instance internationale d’ignorer les décisions judiciaires et la législation européenne. Il dénonce le processus de Rabat, critiquant la stratégie de la FIFA qui aurait contacté les fédérations pour évaluer leurs syndicats de joueurs et, le cas échéant, leur en suggérer la création. Selon Terrier, cette approche vise à constituer des syndicats qui ne seraient pas véritablement indépendants.

Contrairement à sa posture envers la FIFA, Fifpro Europe privilégie le dialogue avec l’UEFA à travers la commission du dialogue social européenne. Dans cette enceinte, le syndicat collabore avec l’association des ligues européennes, l’European Football Clubs et l’UEFA. Terrier précise que des désaccords existent mais les progrès avancent. Il souligne que la position de Fifpro n’est pas antagoniste envers la FIFA ou son président Gianni Infantino.

La FIFA a récemment réaffirmé son engagement en faveur du bien-être des joueurs en fixant deux principes concrets : au minimum vingt et un jours de repos entre deux saisons et soixante-douze heures entre deux matchs. Terrier reconnaît le caractère positif de ces mesures, mais relève leur incompatibilité avec la réalité calendaire actuelle. Il souligne que les clubs engagés en compétitions européennes peinent déjà à respecter les soixante-douze heures entre rencontres, et que les périodes de repos deviennent impossibles les années où se disputent l’Euro, la Coupe du monde des nations et la Coupe du monde des clubs.

Le syndicat néerlandais des joueurs a décidé jeudi de participer à l’action collective lancée contre la FIFA et son système de transferts, action fondée sur la jurisprudence de la Cour européenne de justice. L’UNI, organisation syndicale mondiale regroupant plus de vingt millions de travailleurs, a apporté son soutien à la Fifpro. Fifpro Europe envisage de saisir la Commission européenne dans les prochaines semaines.

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