L’affaire Dönnum suscite de nombreuses interrogations après les derniers événements
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L’affaire Dönnum suscite de nombreuses interrogations après les derniers événements

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Le geste d’Aron Dönnum, survenu lors de la rencontre entre Toulouse et Le Havre, continue de susciter de vives réactions au sein du football français. Dimanche, le joueur toulousain a mimé, sur le terrain, une réaction de dégoût en direction de Simon Ebonog, son adversaire havrais, évoquant une odeur désagréable. Ce comportement, capté par les caméras, a immédiatement soulevé des interrogations sur sa nature potentiellement discriminatoire.

Face à l’ampleur de la polémique, le Conseil national de l’éthique (CNE) a décidé d’intervenir sans délai. Frédéric Thiriez, président du CNE, a confirmé lundi la saisine de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). « J’ai consulté les membres du CNE, Il y a une suspicion, pour le moins, de geste à caractère raciste. Dans ces cas-là, il appartient au Conseil national de l’éthique de saisir la commission de discipline de la Ligue et c’est elle qui jugera. »

Le délégué du match avait déjà signalé l’incident, ce qui aurait de toute façon enclenché une procédure disciplinaire. L’arbitre principal, Jérémy Stinat, a quant à lui averti Didier Digard, entraîneur du Havre, venu exprimer son indignation à la fin de la rencontre. Digard s’est interrogé publiquement : « Y a quoi comme interprétation ? Si on dit que c’est pas pour du racisme, c’est quoi ? C’est juste dire à mon joueur qu’il pue ? On peut dire des choses comme ça alors qu’on est juste là pour jouer au foot ? Ça, c’est pas rabaissant, humiliant, c’est pas des propos blessants ? Et après, on me dit que j’ai été véhément ? J’ai simplement dit, “Ce que vous laissez passer sur un terrain de foot, c’est très grave”. »

Réactions institutionnelles et gestion de l’incident par Le Havre et Toulouse

Jean-Michel Roussier, président du Havre, a salué la rapidité de la saisine disciplinaire, tout en précisant que son club ne déposerait pas de plainte. Il a souligné : « Je remarque que, dans la convocation du joueur de Toulouse, il est question d’un éventuel acte de racisme, pour reprendre la déclaration du président du Conseil national de l’éthique, Frédéric Thiriez. C’est la première fois que ce terme est employé. La position du club est de dire que le geste nous paraît inqualifiable. Je n’ai aucun doute que M. Stinat n’a pas vu l’action, mais je rajoute que ce qui me paraît également inqualifiable, c’est que pendant les quatre ou cinq minutes qui ont suivi, les deux arbitres du dispositif VAR n’ont à aucun moment soulevé un problème avant le coup de sifflet final. Je ne peux pas imaginer qu’ils ne l’aient pas vu non plus. Ont-ils considéré que c’était secondaire ? »

Du côté toulousain, la prudence reste de mise. Le club a indiqué : « Le TFC s’en tient au communiqué publié dimanche soir après le match. Le club et le joueur s’exprimeront le moment venu devant la commission de discipline. Ils ne souhaitent pas alimenter de surenchère. »

Défense d’Aron Dönnum et enjeux disciplinaires dans le football français

Aron Dönnum a rejeté toute accusation de racisme, affirmant : « Il s’approche de moi, je peux sentir son haleine et elle sent mauvais, cela n’a rien à voir avec du racisme. Ce n’est pas la première fois que je fais ça et je sais que beaucoup de mes coéquipiers l’ont déjà fait : c’est fou de dire que c’est un geste raciste. » Le Toulouse FC a dénoncé des « accusations infondées et particulièrement graves portées à l’encontre d’Aron Dönnum, ainsi que l’instrumentalisation du geste en question ».

La commission de discipline de la LFP doit examiner ce dossier le 26 novembre, après une phase d’instruction obligatoire en cas de suspicion de discrimination. La difficulté réside dans la qualification précise du geste de l’international norvégien, un exercice souvent complexe dans ce type d’affaire.

Précédents et barème des sanctions pour gestes discriminatoires

Un cas similaire avait été jugé en 2007, lors d’un match Lyon-Rennes. Milan Baros, alors attaquant de Lyon, avait mimé un geste évoquant une mauvaise odeur à l’encontre de Stéphane Mbia. Malgré la polémique, la commission n’avait pu établir le caractère xénophobe du geste et s’était limitée à une suspension de trois matches, loin des attentes des acteurs engagés contre les discriminations.

Pour Dönnum, la commission pourra, selon le rapport d’instruction, retenir le caractère « discriminatoire/raciste » du geste et appliquer une suspension de dix matches, ou bien le qualifier de « grossier/injurieux » (trois matches), voire simplement de « blessant » (deux matches). La décision à venir sera scrutée de près par l’ensemble du monde du football, tant elle cristallise les enjeux de lutte contre les discriminations sur les terrains.

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