Jannik Sinner cherche à battre Félix Auger-Aliassime en finale pour devenir numéro un mondial

Sur le court parisien, Jannik Sinner a livré une prestation d’une rare intensité face à Alexander Zverev, balayant l’Allemand en moins de soixante-dix minutes (6-0, 6-1). Le contraste était saisissant : Zverev, numéro 3 mondial et tenant du titre, semblait absent, accablé par la fatigue et une cheville douloureuse héritée de sa demi-finale contre Daniil Medvedev. Sinner, quant à lui, n’a laissé aucune chance à son adversaire, imposant un rythme et une pression constants qui ont rapidement fait pencher la balance.
Malgré une entame de tournoi marquée par quelques incertitudes, l’Italien a su élever son niveau de jeu au fil des rencontres. Sa montée en puissance s’est confirmée face à des adversaires du Top 10, comme Ben Shelton en quarts de finale, puis Zverev en demi-finale. Sinner a affiché une solidité impressionnante, ne concédant aucun set depuis le début de la compétition, et déployant une palette technique qui a déstabilisé ses rivaux.
Jannik Sinner, puissance et variations tactiques sur le circuit ATP
Pour Nicolas Escudé, observateur avisé du tennis international, la performance de Sinner ne laisse aucune place au doute : « Il est impressionnant, déjà face à Shelton, mais là aujourd’hui, il lui a marché dessus. Il ne lui a rien laissé. On a senti un Zverev diminué mais Sinner est clairement monté en puissance depuis le début du tournoi. Sa semaine est assez énigmatique, j’ai commenté ses deux premiers tours (pour Eurosport), on se demandait s’il pouvait aller au bout. Il n’a pas de blessure déclarée, sans doute une fatigue. Mais il a l’air de bien récupérer. Tennistiquement parlant, en termes de sensations, il est de mieux en mieux avec une densité de frappe folle. »
La variété de jeu de Sinner a également été saluée. Escudé souligne : « Contre Zverev, on l’a vu glisser des amorties et à l’échauffement ce matin, il travaillait ça. Il l’a très bien fait ». Cette capacité à varier les schémas tactiques, en alternant slices, amorties et montées au filet, s’est affirmée tout au long de la semaine, confirmant l’évolution du jeu de l’Italien depuis la tournée asiatique et ses succès à Pékin et Vienne.
Évolution stratégique et gestion physique de Sinner
Discret sur son état physique, Sinner s’est montré peu loquace face aux médias, préférant limiter ses interventions à quelques réponses succinctes après ses matches. Cette réserve contraste avec l’audace dont il fait preuve sur le terrain, où il multiplie les expérimentations tactiques selon le profil de ses adversaires. Face à Cerundolo, il a usé du slice, tandis que contre Zverev, il a privilégié les amorties, démontrant une adaptation permanente.
La défaite prématurée de Carlos Alcaraz a privé Sinner d’un affrontement très attendu, mais la perspective de s’emparer de la première place mondiale demeure. L’Italien reste pourtant mesuré sur cet enjeu : « Je suis vraiment concentré sur le fait d’essayer de jouer aussi bien que je peux. Si ça se passe, tant mieux, sinon tant pis, ce sera pour la prochaine fois. Ça ne va pas changer grand-chose si je redeviens n°1 pour une ou deux semaines. Dans tous les cas, ça aura été une incroyable saison pour moi. »
Finale à enjeux : Sinner vise le titre et le sommet du classement mondial
La finale face à Félix Auger-Aliassime revêt une importance particulière pour Sinner. Le Canadien, déjà battu à deux reprises cette saison par l’Italien, tentera de contrecarrer la quête du cinquième trophée annuel de Sinner. Pour l’Italien, le titre à Paris aurait une signification forte, au-delà même de la conquête du trône mondial.



