Rugby

Malachi Hawkes et Raphaël Portat rejoignent le Stade Toulousain pour montrer leurs progrès en Pro D2

LSDA

Face à l’absence de nombreux internationaux, le Stade Toulousain doit composer avec un effectif réduit pour affronter le Stade Français, son principal rival au classement. Pour pallier ce déficit, le club a choisi de rappeler deux éléments prêtés à Provence Rugby en Pro D2 : Malachi Hawkes et Raphaël Portat. Cette stratégie, désormais bien ancrée dans les pratiques du club, illustre la capacité d’adaptation des formations majeures du Top 14 lors des périodes internationales.

Depuis l’instauration d’un règlement spécifique par la LNR, les clubs fortement sollicités par les sélections nationales bénéficient d’une dérogation leur permettant de rapatrier temporairement leurs joueurs prêtés en division inférieure. Le Stade Toulousain, souvent privé d’une large partie de son effectif lors des fenêtres internationales, a su tirer profit de cette mesure. Ce mécanisme s’est imposé comme une réponse pragmatique aux enjeux de compétitivité du championnat.

Au cours des cinq dernières saisons, la liste des joueurs rappelés à l’ordre du club rouge et noir s’est allongée : Max Auriac, Léo Banos, Paul Mallez, Marco Trauth ou encore Théo Idjellidaine ont tous fait l’objet de ces allers-retours. Cette année, la nécessité de renforcer le pack toulousain, fragilisé par les absences, a conduit à la convocation de Hawkes et Portat, tous deux âgés de 22 ans, pour une présence sur le banc lors de ce choc au sommet.

Retour de prêt et adaptation au Top 14 : enjeux et bénéfices pour les clubs et joueurs

Clément Poitrenaud, entraîneur des trois-quarts toulousains, souligne l’évolution de ces jeunes joueurs depuis leur passage en Pro D2 : « C’est cool de les revoir. On a pu mesurer leur évolution depuis qu’ils ont rallié un Championnat de Pro D2 difficile. On les a trouvés un peu changés, comme s’ils avaient grandi (sourire). Après, ils ne sont pas partis depuis très longtemps. Comme notre système de jeu n’a pas trop évolué, ils ont retrouvé rapidement leurs marques. »

Le système de rappel temporaire profite à toutes les parties prenantes. Les clubs récupèrent des joueurs aguerris, tandis que les joueurs bénéficient d’un temps de jeu accru et d’une expérience enrichissante. Léo Banos, qui a connu ce double parcours entre Mont-de-Marsan et Toulouse, rappelle : « Le plus dur, quand tu passes de la Pro D2 au Top 14, est d’encaisser la dureté des entraînements de la semaine. »

Pour Banos, cette alternance a permis une intégration progressive et un gain de repères précieux pour la suite de sa carrière. Il confie : « Moi, ça m’avait permis de prendre des repères et de l’avoir plus facile l’année d’après, quand je suis arrivé à Toulouse à temps plein. Mes partenaires de Mont-de-Marsan, eux, étaient contents quand je partais, mais quand je revenais, certains s’étonnaient gentiment que je retrouve aussitôt une place de titulaire. Nicolas Garrault était assez embêtant avec ça. Parce qu’à chaque fois que je revenais, il devait glisser de la troisième ligne à la deuxième ligne et ça le faisait un peu râler (rires). »

Expérience de la Pro D2 et développement individuel des joueurs

Julien Tastet, alors entraîneur des avants montois, analyse l’impact de cette expérience sur la progression de Banos : « Ça lui avait fait une saison à 23 matches, ce qui était plutôt pas mal pour un garçon de son âge (21 ans). Dans sa progression de joueur, on a rapidement senti les bénéfices. Quand il est revenu, il avait pris de la maturité et s’était densifié physiquement. Peut-être a-t-il eu un petit coup de moins bien, à un moment, parce que ce n’est pas toujours simple de quitter un club majeur du Top 14, où t’es entouré de stars et où tu joues dans des stades de 15 ou 20 000 personnes tous les week-ends, pour revenir à un Championnat de Pro D2 moins clinquant. »

Le contraste entre les environnements du Top 14 et de la Pro D2 façonne l’adaptabilité et la polyvalence des joueurs. Tastet poursuit : « Mais son expérience nous a quand même permis d’élever notre niveau d’exigence. Chez nous, il y avait un système de jeu avec des rôles assez figés. Alors qu’au Stade Toulousain, il y avait plus de liberté. Du coup, aller à Toulouse a aidé Léo à être un peu plus électron libre, à toucher un peu plus de ballons et à se poser moins de questions. »

Pour Hawkes et Portat, la situation diffère. Leur retour à Toulouse ne s’inscrit que dans le cadre d’un match unique, avant de réintégrer Provence Rugby pour la suite du championnat. Tastet précise : « Dans leur cas, ça sera plus difficile, car ils n’auront pas trop le temps de se refamiliariser avec le système. Mais quand tu joues devant, comme eux, tu vas surtout être attendu sur les fondamentaux, sur la défense, sur les phases de conquête. En plus, ce sont des garçons qui sont à Toulouse depuis un moment, qui connaissent donc la philosophie de jeu du club, les systèmes et toute la codification. En plus, ils joueront sans trop de pression puisqu’ils repartiront à Aix dès le lendemain du match. Ils auront juste envie de prouver qu’ils ont progressé en passant par la case Pro D2. »

Intégration rapide et perspectives pour les jeunes talents du rugby français

Ce type de rotation offre aux jeunes joueurs une exposition maximale et la possibilité de s’illustrer lors des grands rendez-vous. L’exemple de Banos, invité à la finale du Top 14 malgré une fin de saison à Mont-de-Marsan, illustre la reconnaissance du travail accompli : « Même si j’avais fini la saison avec Mont-de-Marsan, je me sentais quand même un peu champion avec Toulouse. En plus, Jérôme (Cazalbou, manager du haut niveau du Stade Toulousain) m’avait invité à la finale à Marseille et à l’après-finale. »

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer