Les défis majeurs qui compliquent la préparation des Jeux olympiques de Milan-Cortina en 2026

Depuis que le CIO a désigné Milan-Cortina pour accueillir les XXVe Jeux Olympiques d’hiver en février 2026, moins de sept années se sont écoulées. Durant cette période, le monde a traversé des crises majeures qui ont compliqué l’organisation : la pandémie de Covid-19, les guerres internationales et une inflation galopante des matières premières. Giovanni Malago, président du Comité d’organisation, souligne que maintenir la hausse budgétaire à 15% relève du miracle face à ces obstacles successifs.
La région milanaise a été particulièrement touchée, étant le premier territoire européen frappé par la crise sanitaire il y a près de six ans. S’est ajoutée une crise énergétique majeure, suivie d’une flambée des prix des matières premières provoquée par le conflit ukrainien. Le coût total estimé par S & P Global Ratings atteint environ 6 milliards d’euros. Malgré ces défis économiques, les organisateurs ont maintenu leur cap.
Plus de 70% des investissements financés concernent la mobilité et les infrastructures : routes, transport ferroviaire et régénération urbaine. Cependant, certains projets ne seront pas finalisés à temps, comme la rocade de Tirano destinée à fluidifier le trafic vers Bormio, ou le nouveau téléphérique de Cortina conçu pour transporter 2 400 personnes par heure vers les Tofane.
L’organisation s’étend sur trois régions administratives distinctes : la Lombardie, la Vénétie et le Trentin-Haut-Adige. Cette dispersion géographique entre Milan et Cortina, distants de 400 kilomètres, crée des défis de coordination entre plusieurs territoires autonomes. Malago y voit un héritage positif : la collaboration entre régions différentes autour d’un objectif commun.
Pour réduire les coûts, 90% des installations sportives sont des infrastructures existantes rénovées ou réaménagées. Les pistes légendaires de Bormio et Cortina, utilisées depuis les Jeux de 1956, ont été restaurées, tout comme le site de biathlon d’Anterselva. Cette approche durable contraste avec le gigantisme olympique moderne.
Malago juge que ce modèle représente l’avenir des Jeux olympiques, du moins pour certains types d’événements, face aux dépenses démesurées observées ailleurs. Il déplore cependant l’absence de soutien concret des institutions européennes, tant financier que politique. Il souhaite que l’Europe reconnaisse et soutienne davantage les projets olympiques qui la représentent mondialement.



