Yaël Joalland débute une nouvelle aventure chez Cofidis après son retour miraculé au cyclisme

Yaël Joalland s’envole vers l’Arabie saoudite, équipé de deux ouvrages : l’Alchimiste de Paulo Coelho et le Chemin vers l’Unité. À 25 ans, ce nouveau coureur de Cofidis souhaite se détendre durant le vol et stimuler son mental. Ces lectures reflètent sa philosophie actuelle : savourer chaque instant, une maxime adoptée après avoir frôlé la mort.
Le 28 janvier 2024, Joalland chute gravement lors du Grand Prix La Marseillaise. Quatre vertèbres cassées, moelle épinière épargnée de deux millimètres, dix fractures au visage et trois mois d’alitement suivent cet accident. Une nouvelle intervention chirurgicale s’avère nécessaire en novembre. Malgré ces épreuves, il repense quotidiennement à cet événement traumatisant qui le hante chaque fois qu’il enfourche son vélo.
Lors de la quatrième étape de l’AlUla Tour, une chute à 111 km/h ravive ses mauvais souvenirs. Trois coureurs, dont Davide Stella, subissent des blessures graves. Cet incident paralyse momentanément Joalland, affectant ses performances et le maintenant loin du top 10 convoité. Il refuse toutefois de chercher des excuses, reconnaissant l’impact psychologique de ces chutes répétées.
Avant cette première saison dans une ProTeam, Joalland reste réaliste. Il aspire à aider son équipe et progresser graduellement, sans se fixer une barre trop haute initialement. Sa septième place au Tour d’Occitanie a convaincu Cofidis de le recruter. Cet accomplissement semblait impensable depuis son lit d’hôpital. Tous lui disaient qu’il ne referait plus de vélo à haut niveau, pourtant il a retrouvé un très bon niveau compétitif.
Pour Joalland, le véritable trésor n’est ni la victoire ni la gloire, mais le bonheur et la santé. L’accident a transformé sa vision de l’existence. Il apprécie désormais les choses simples et sait que continuer sa carrière professionnelle constitue un bonus. Sa deuxième chance lui permet de vivre pleinement, reconnaissant la part de fortune dans son incroyable rétablissement.
Concernant La Marseillaise, Joalland a demandé explicitement à ne pas participer cette année. Bien que le parcours ait changé, supprimant la dangereuse descente de la Route des Crêtes où il a chuté, il considère la course trop périlleuse. Certaines blessures persistent : douleurs à la mâchoire lors de conditions hivernales et gênes lombaires sous effort intense. Une longue cicatrice traverse son dos.
Joalland reconnaît que cette expérience le suivra toute sa vie, nécessitant une réadaptation permanente. Cependant, il refuse de se plaindre. Certains coureurs n’ont jamais retrouvé leur niveau après des chutes moins graves. Il considère avoir eu de la chance aux côtés de son travail acharné. Cette seconde opportunité, il la savoure pleinement, conscient que tout aurait pu s’arrêter définitivement sur cette pente montagnarde.



