Les trois agents de la FFF et Badou Sambagué ont été reconnus coupables par le tribunal

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict vendredi dans une affaire impliquant quatre hommes jugés pour exercice illégal de profession. Badou Sambagué, avocat, ainsi que trois agents sportifs, Martial Kodjia, Lasana Koïta et Antonin Mendy, ont comparu devant la onzième chambre présidée par Gérald Bégranger pour des accusations de prête-noms et de couverture d’activités non autorisées.
Le dossier portait sur trois transactions majeures dans le football français : la prolongation de Mohamed Simakan à Toulouse, le transfert de Timothy Weah à Lille, et celui d’Amine Harit de Nantes à Schalke 04. Une quatrième situation concernant le premier contrat professionnel d’Ousmane Dembélé à Rennes a également été examinée. Sur ce dernier cas, les deux hommes ont obtenu une relaxe, ce que l’avocate de Kodjia a salué comme reconnaissance de l’absence d’infraction.
Cependant, Sambagué a été reconnu coupable dans les autres affaires. Le tribunal a établi un schéma répétitif d’activité non déclarée : l’avocat négociait les contrats, puis recourait à des agents sportifs pour percevoir sa rémunération car les clubs refusaient de le payer directement. Cette réticence des clubs à financer Sambagué directement a constitué une preuve déterminante aux yeux du jugement.
Les peines prononcées varient selon les accusés et leur implication. Sambagué écope de deux ans avec sursis, trois ans d’interdiction d’exercer comme mandataire sportif, deux ans d’inéligibilité, cent mille euros d’amende et plus de sept cent mille euros confisqués. Kodjia reçoit six mois avec sursis et dix mille euros. Koïta, absent, prend six mois avec sursis et vingt mille euros. Mendy, jugé plus clément pour avoir reconnu les faits, se voit infliger deux cents jours d’amende à vingt-cinq euros.
Sambagué a déclaré sa volonté de faire appel, qualifiant le jugement d’injustifié et scandaleux. Absent en raison d’une maladie, il a expliqué par téléphone que cette condamnation le prive d’une fonction obsolète car il exerce uniquement comme avocat depuis plus de deux ans. Il soupçonne l’UASF, syndicat des agents sportifs français, d’orchestrer cette action pour écarter la concurrence des avocats mandataires du marché des transferts.
Mendy bénéficie d’une situation particulière : bien que condamné à l’interdiction temporaire d’exercer, il peut continuer ses activités en attendant que la commission des agents statue définitivement sur son cas, avec risque de suspension ultérieure. Tous les accusés doivent verser un euro chacun à la Ligue de Football Professionnel et à la Fédération Française de Football.



