Judo : Axel Clerget met un terme à sa carrière professionnelle après avoir longuement réfléchi à cette décision importante

À 38 ans, Axel Clerget annonce la fin de sa carrière de judoka après plus de deux décennies au plus haut niveau. Double médaillé mondial en catégorie moins 90 kilogrammes et champion olympique par équipe mixte à Tokyo en 2021, le sportif français range définitivement son kimono.
L’athlète a attendu près de deux ans avant de formaliser cette décision, sa dernière compétition internationale remontant à juin 2024 à Madrid. Cette période d’attente résulte de difficultés personnelles majeures, notamment une dépression consécutive à son éviction des Jeux de Paris 2024. Cette non-sélection, malgré ses accomplissements passés, l’a profondément affecté et transformé en bouleversement existentiel.
Clerget explique que l’absence de sélection aux JO parisiens a déclenché une crise identitaire. Après avoir consacré sa vie au judo collectif, l’arrêt de carrière provoque un vide immense. Bien que préparé psychologiquement à cette transition, il s’était prolongé jusqu’à Paris pour accomplir son rêve olympique. La non-convocation l’a enfermé chez lui plusieurs jours, moment où il a réalisé combien les Jeux structuraient son identité publique.
Son parcours demeure exceptionnellement atypique. Doté d’une volonté de travail remarquable plutôt que d’un talent naturel, Clerget n’avait même pas les critères pour intégrer un programme sport-études à 16 ans. Il connaît néanmoins un burn-out à 23 ans malgré son statut de numéro un français. Un désert de sept ans suit, durant lequel les sélecteurs le considèrent comme incapable de gérer la pression compétitive.
En 2014, l’obtention de son diplôme en kinésithérapie marque un tournant décisif. Libéré de la pression financière du sport, Clerget redécouvre sa passion. Son classement passe de 150e mondial à numéro 2 en douze mois. S’ensuivent une médaille européenne en 2017, des médailles mondiales en 2018 et 2019, puis le titre olympique par équipe mixte à Tokyo qui figure dans son palmarès personnel.
Le report des Jeux de 2020 à 2021 s’avère catastrophique pour ses ambitions individuelles. Une pubalgie chronique, gérée par infiltrations, s’aggrave après le confinement. Une commotion cérébrale subie en janvier 2021 à Doha laisse des séquelles durables : nausées, migraines et anxiété persistent pendant des années. Ce traumatisme crânien le pousse désormais à témoigner publiquement pour aider d’autres athlètes confrontés aux mêmes enjeux.
Aujourd’hui, Clerget construit une nouvelle vie au-delà de la compétition. Il exerce comme kinésithérapeute et entraîneur, partageant son expertise en optimisation de performance auprès d’athlètes et de dirigeants d’entreprises. Il préside également la commission des athlètes du haut niveau du CNOSF. Père de famille, il explore progressivement des horizons professionnels distincts du judo, sport qui a pourtant constitué son univers depuis l’enfance.



