Disparition de Thierry Cazeneuve, ancien directeur du Critérium du Dauphiné Libéré

Thierry Cazeneuve, figure emblématique du cyclisme français, s’est éteint samedi à l’âge de 74 ans. Ancien directeur du Critérium du Dauphiné Libéré, il incarnait une bienveillance remarquable et une passion profonde pour son domaine. Ses collègues le décrivent comme un homme généreux, toujours désireux de partager son savoir et ses précieuses archives du cyclisme.
Né le 10 septembre 1951 à Grenoble, Thierry Cazeneuve était destiné au monde du cyclisme par son héritage familial. Son oncle Georges, ancien résistant, avait cofondé le journal Dauphiné Libéré après la Seconde Guerre mondiale en 1945, puis créé deux ans plus tard la course cycliste homonyme. Une dynastie du cyclisme dans laquelle il s’inscrivait naturellement.
Cazeneuve débute sa carrière journalistique en 1973 au journal Dauphiné Libéré, d’abord comme rédacteur local avant de rejoindre rapidement la rubrique sportive. Son frère jumeau François prenait parallèlement la direction de la section judiciaire. À partir de 1988, il assume la direction du Critérium qu’il connaissait depuis ses débuts en 1970, lors de simples distributions de chapeaux de papier au bord des routes.
Sa gestion du Critérium s’étend jusqu’en 2009, marquant une période déterminante pour la course. Entre 2003 et 2007, il dirige également la Ligue nationale de cyclisme. Cazeneuve succède à Pierre Chany pour l’édition de l’ouvrage fondamental La Fabuleuse histoire du Tour de France, une référence majeure de plus de mille pages dans la documentation cycliste mondiale.
Passionné par le Tour de France, Cazeneuve affirmait que cette passion « ne s’oublie pas ». Il critiquait les journalistes qui construisaient des scénarios préconçus, oubliant que le spectacle sportif ne leur appartient pas. Récemment encore, il maintenait vive la mémoire de ses pairs en organisant le prix cycliste annuel de meilleur article. Un rappel à l’humilité caractérisait sa philosophie professionnelle.



