Tennis : Corentin Moutet raconte comment il a redécouvert son métier avant l’Open d’Australie cette année

Corentin Moutet, 26 ans, aborde l’Open d’Australie après avoir délibérément retardé le début de sa saison. Cette pause lui permet de se reposer et de préparer convenablement la campagne à venir. Le joueur français justifie ce choix en soulignant que la saison est suffisamment longue, particulièrement après sa participation à la Coupe Davis en novembre. Il estime que c’est le moment idéal pour travailler en profondeur et laisser son corps récupérer.
L’année 2025 a marqué un tournant dans la carrière de Moutet. Pour la première fois, il a pu jouer une saison complète sans interruptions dues aux blessures. Contrairement à ses années précédentes, il ne s’entraînait plus pour revenir à la compétition, mais pour progresser dans la continuité. Cette expérience lui a permis de redécouvrir son métier différemment et de constater qu’il adore toujours le tennis. Chaque défaite devient une occasion d’amélioration plutôt qu’un revers personnel.
L’approche de Moutet envers l’entraînement a fondamentalement changé cette année. Il privilégie désormais l’apprentissage continu plutôt que la simple récupération physique. Lorsqu’il perd un match, il le considère comme une indication précieuse sur les domaines à travailler. Le lendemain à l’entraînement, cette perspective le motive à explorer ses faiblesses et à se renforcer. Cette mentalité transforme chaque journée en opportunité de développement personnel.
Questionné sur ses marges de progression, Moutet affirme avec conviction qu’aucun joueur n’atteint jamais son maximum. Même Jannik Sinner et Carlos Alcaraz continuent d’explorer leurs potentiels. Il cite l’exemple des légendes Federer, Nadal et Djokovic, qui ont dominé le circuit tout en s’améliorant constamment. Cette philosophe guide sa vision du tennis : l’exploration perpétuelle plutôt que la satisfaction d’un plafond supposé atteint.
Le coup raté contre Raphaël Collignon en Coupe Davis à Bologne reste un sujet de débat public, mais Moutet le relativise. Il considère que ce geste spectaculaire ne représente pas la vraie raison de sa défaite face à la Belgique. Il déplore que les médias aient amplifié cet événement au-delà de ses proportions réelles. Pour lui, cette tentative reflète simplement un instinct de joueur, pas une provocation calculée pour perdre le point.
Moutet adopte une perspective rationnelle face à cet événement mémorable. Les gestes d’instinct ne se réfléchissent pas à l’avance, contrairement aux double fautes ou aux coups gagnants. Il refuse de revivre mentalement ce moment ou de le regretter profondément. L’événement existe, il ne peut pas être effacé, et il en tire les enseignements nécessaires sans culpabilité excessive. Cette acceptation témoigne d’une maturité émotionnelle accrue dans sa gestion des résultats.
Concernant sa non-sélection initiale pour affronter la Slovaquie en février, Moutet reste serein malgré son statut de deuxième joueur français. Il met l’accent sur son engagement inconditionnel quand on l’appelle à servir l’équipe. Il reconnaît que plusieurs excellents joueurs français peuvent prétendre à une place. Pour lui, le classement seul ne détermine pas les choix de sélection. Il demeurera solidaire de ses coéquipiers, qu’il soit inclus ou non dans le groupe.



