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Romain Grégoire s’apprête à disputer les classiques flandriennes en 2026, des épreuves qui le fascinent depuis longtemps

Hamza Chouraqui

À vingt-deux ans, Romain Grégoire possède désormais une vision précise de son avenir cycliste. Après six victoires en 2025 et une démonstration remarquable au Tour de Suisse où il a défendu le maillot de leader pendant quatre jours, le coureur franc-comtois a clairement identifié ses forces et ses limites. Son explosivité lui permettra de remporter de grandes épreuves classiques, mais il reconnaît que les courses par étapes d’une semaine ne correspondent pas à son profil athlétique.

Grégoire accepte lucidement cette réalité. Les étapes de montagne répétées dépassent ses capacités physiologiques actuelles. Bien qu’il puisse limiter les dégâts sur une journée isolée de montagne, la cumulativité des efforts difficiles le pénalise considérablement. Sa véritable ambition demeure conquérir des victoires concrètes plutôt que de figurer au classement général d’une grand boucle.

Le calendrier 2026 présenté par Groupama-FDJ reflète parfaitement cette stratégie. Seule la Ruta del Sol constituera sa course par étapes, suivie d’un enchaînement d’épreuves d’une journée spécialement sélectionnées. De février à avril, il disputera des classiques ardennaises traditionnelles : la Flèche Brabançonne, l’Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, épreuves où son potentiel explosive s’exprime pleinement.

Une évolution majeure marque cette saison : Grégoire découvrira pour la première fois les pavés flandriennes au niveau professionnel. Le Grand Prix E3, À Travers la Flandre et le Tour des Flandres complètent son programme printanier. Cette décision émane de Grégoire lui-même, motivé par le désir d’explorer rapidement ses possibilités avant la trentaine. Ces monuments le fascinent depuis longtemps comme spectateur, particulièrement pour leur intensité dramatique et leur imprévisibilité.

Bien que son profil diffère de celui de Tadej Pogacar, Grégoire s’inspire de puncheurs ayant réussi sur les routes flandriennes. Julian Alaphilippe, Greg Van Avermaet et Philippe Gilbert constituent ses modèles de référence. Ces coureurs combinaient explosion athlétique et endurance sur les efforts courts caractéristiques de la Flandre, qualités que Grégoire possède théoriquement.

L’ambitieux programme printanier soulève toutefois des questions légitimes concernant la fatigue accumulée. De février à fin avril, Grégoire participera seulement à quinze jours de compétition, mais ces épreuves d’une journée s’avèrent épuisantes mentalement. L’équipe exprime des réserves sur la densité de ce calendrier. Cependant, Grégoire demeure confiant et accepte un ajustement potentiel si la fatigue devient excessive.

Le jeune coureur éprouve un léger regret concernant l’absence relative de courses par étapes. Ces aventures longue durée offrent des dynamiques relationnelles et tactiques distinctes. Les journées où la récupération préalable influence le résultat, l’ambiance collective du groupe offrent une dimension humaine que les épreuves classiques ne proposent pas identiquement. Néanmoins, transformer chaque course en objectif personnel le satisfait profondément.

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