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La mort du biathlète norvégien Sivert Bakken relance le débat sur les masques hypoxiques

Romain Mazzotti

Le 23 décembre, le biathlète norvégien Sivert Bakken a été découvert décédé dans sa chambre d’hôtel en Italie. La fédération norvégienne a confirmé qu’il portait un masque hypoxique au moment de sa mort. Cet équipement d’entraînement suscite désormais de nombreuses questions, bien qu’aucun lien direct n’ait été établi avec le décès.

Le masque hypoxique est un dispositif volumineux qui recouvre entièrement le nez et la bouche. Il se compose d’une valve filtrant l’air inspiré et expiré, reliée à une machine capable de réduire la concentration d’oxygène. Ce système reproduit les conditions physiologiques rencontrées en altitude.

Cette technologie simule l’hypoxie en diminuant le pourcentage d’oxygène disponible, passant de 20,9 % à des niveaux plus faibles. L’objectif est de stimuler la production de globules rouges via l’érythropoïèse, un mécanisme lié à l’hormone érythropoïétique, améliorant ainsi le transport de l’oxygène dans l’organisme de l’athlète.

D’autres solutions existent, notamment les tentes et chambres hypoxiques, plus couramment utilisées. L’Agence mondiale antidopage a examiné ces dispositifs en 2006 et a décidé de ne pas les interdire après une analyse scientifique et médicale approfondie.

En France, aucun test hypoxique n’est réalisé sans encadrement strict et monitoring continu. Les protocoles incluent systématiquement la présence d’un médecin capable d’intervenir rapidement. Des alarmes de sécurité arrêtent automatiquement les machines en cas de dépassement de seuils critiques.

La fédération norvégienne a déclaré que l’utilisation de tels équipements ne figurait pas dans ses entraînements organisés. Elle a reconnu que certains athlètes s’étaient procuré ces dispositifs et a rappelé que leur usage devait respecter les directives nationales. Après la mort de Bakken, elle a ordonné l’arrêt immédiat de toute utilisation.

La Norvège avait longtemps interdit ces masques avant de revenir sur cette interdiction en 2021. Des informations médias révèlent que le masque de Bakken était réglé à 7 000 mètres d’altitude. Cet ajustement est extrême et contre-productif pour un biathlète ordinaire. Les athlètes français opèrent généralement entre 2 000 et 2 700 mètres.

Les experts soulignent qu’un tel réglage s’adresse uniquement aux alpinistes préparant des sommets. Il reste incertain que Bakken ait lui-même configuré le masque à ce niveau. L’appareil a potentiellement pu être modifié ultérieurement.

Les protocoles de sécurité exigent une présence constante et l’absence d’attachement du masque. Si l’utilisateur s’évanouit, le dispositif doit tomber automatiquement, permettant à l’oxygène de saturation de remonter rapidement. L’autopsie devrait fournir des précisions supplémentaires sur les circonstances du décès.

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