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Tadej Pogacar dépasse-t-il ses performances de 2024 avec cinq podiums monumentaux, un titre mondial et un quatrième Tour de France ?

Rob Laurens

Tadej Pogacar a consolidé sa domination cycliste sur deux saisons exceptionnelles, chacune marquée par des exploits distincts et remarquables. En 2024, le doublé Giro-Tour illuminé par un premier arc-en-ciel mondial a captivé les observateurs, tandis que ses victoires aux classiques semblaient presque secondaires malgré leur prestige.

Cette année, la performance s’est cristallisée différemment. Cinq podiums sur cinq Monuments représentent un exploit unique dans l’histoire du cyclisme, accompagnés d’un nouveau titre mondial à Kigali et d’un quatrième triomphe au Tour de France. Ses victoires aux Strade Bianche et à la Flèche Wallonne, pourtant prestigieuses, sont devenues presque anodines face à l’ampleur de ses succès classiques.

Comparer ces deux années demeure complexe, car Pogacar a évolué dans des sphères phénoménales constamment. Le nombre de victoires ne constitue pas un critère décisif : les vingt-cinq bouquets de 2024 ne surpassent pas nécessairement les vingt de 2025. L’intensité psychologique diffère cependant, 2024 exigeant davantage mentalement lors du doublé Giro-Tour.

La question révèle des divergences fondamentales sur l’essence du cyclisme lui-même. Faut-il valoriser l’électricité des Classiques ou l’œuvre majeure des grands Tours ? Les Classiques demandent une réponse précise à un moment critique, tandis que les grands Tours imposent une usure lancinante. Chaque appréciation révèle la sensibilité personnelle face au sport.

Andy Schleck, ancien vainqueur du Tour, souligne que Pogacar l’a davantage impressionné cette saison pour sa campagne de Classiques. Il perçoit même un relâchement volontaire en dernière semaine du Tour, comme si le Slovène voulait paraître plus humain. L’écart de niveau avec ses concurrents reste vertigineux, semblant presque dément à ceux qui analysent ses performances.

Geraint Thomas, examinant le palmarès de Pogacar, a jugé la situation irréelle. Être compétitif simultanément contre des coureurs radicalement différents comme Van der Poel, fort aux classiques comme en montagne, dépasse l’ordinaire. Thomas vote en faveur de 2025, impressionné par cette polyvalence.

Vincenzo Nibali prend le contrepied, privilégiant 2024. Le doublé Giro-Tour rare et quasi unique depuis Pantani en 1998 reste son critère décisif, amplifié par la victoire mondiale. Nibali reconnaît néanmoins que deux saisons incroyables de manières radicalement différentes constituent déjà un exploit extraordinaire, interrogeant si une troisième voie attend Pogacar en 2026.

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