Tennis : Les entraîneuses du circuit WTA méritent une représentation bien plus importante selon Nicole Pratt

Nicole Pratt, entraîneuse australienne de 52 ans, cumule quinze années d’expérience en coaching de haut niveau. Elle pilote un programme de formation lancé par la WTA en 2021 pour augmenter la présence féminine parmi les entraîneuses du circuit professionnel. Ses sessions de formation se sont déroulées en Asie, aux États-Unis, au Royaume-Uni et récemment en France.
Le programme vise à préparer les entraîneuses à intégrer le circuit WTA et à renforcer leur confiance en leurs capacités. Beaucoup d’entraîneuses talenteuses travaillant avec les jeunes joueurs hésitent à franchir le pas vers le profesionnalisme. Pratt communique un message clé : il est possible de concilier vie familiale et carrière d’entraîneuse sur le circuit WTA, notamment en tant que mère.
Plusieurs obstacles expliquent la rareté des femmes entraîneuses. L’équilibre familial reste un défi majeur, le métier exigeant entre 20 et 25 semaines d’absence annuelles. De plus, les joueuses s’attendent souvent à ce que les entraîneuses jouent des matchs d’entraînement avec elles. Être une bonne partenaire d’entraînement ne suffit pas à faire un bon coach. Enfin, les jeunes joueurs sparring-partners obtiennent plus facilement des contrats car ils représentent une option financière moins coûteuse.
Les joueuses disposent actuellement de très peu d’options pour travailler avec des entraîneuses féminines. Le programme rend les entraîneuses plus visibles et accessibles. Certaines joueuses, après avoir découvert cette initiative, ont exprimé leur souhait de collaborer avec une femme. Danielle Collins en incarne l’exemple, travaillant avec Fanni Varga, une participante au programme.
Sans action proactive, l’intégration des femmes dans le coaching professionnel pourrait nécessiter plusieurs décennies. Accélérer le mouvement demande une intervention intentionnelle. Amélie Mauresmo illustre un modèle inspirant : bien que femme, elle a commencé sa carrière d’entraîneuse auprès d’un grand joueur masculin, Andy Murray, sur le circuit ATP.
Selon Pratt, les femmes entraîneuses apportent des qualités distinctes, notamment une plus grande empathie et une meilleure compréhension interpersonnelle. Ces capacités relationnelles importent profondément pour les athlètes qui perdent pratiquement chaque semaine. Travailler aux côtés de quelqu’un capable de vraie compréhension humaine s’avère alors essentiel pour progresser mentalement et sportivement.



