Football

Pourquoi les stades affichant complet à la CAN accueillent finalement bien moins de spectateurs que prévu ?

Romain Mazzotti

Le Maroc confronte un défi majeur dans la gestion de la billetterie de la Coupe d’Afrique des Nations. Des rencontres annoncées comme complètes n’ont finalement attiré qu’une fraction des spectateurs attendus, créant une situation paradoxale où les places semblaient introuvables mais les stades restaient partiellement vides.

Lors du match entre l’Algérie et le Soudan, le stade Moulay-Hassan de Rabat n’affichait que 16 000 spectateurs au lieu des 22 000 prévus. Des supporters venus de loin ont exprimé leur frustration, expliquant que certains supporters n’avaient pas osé se présenter au stade de peur de ne pas pouvoir entrer malgré l’acquisition de leurs billets.

Le marché noir constitue le principal facteur explicatif de cette situation. Des revendeurs professionnels ont acheté massivement des billets, comptant sur les anciens systèmes d’échange. Cependant, l’introduction d’applications comme Afcon ticket a compliqué les transactions. Ces intermédiaires se sont retrouvés avec des stocks invendables, bloquant ainsi des places qui auraient pu être occupées par de véritables amateurs.

Les prix du marché noir ont atteint des niveaux stratosphériques, avec des billets initialement à 50 euros revendus jusqu’à 500 euros. Face à ces tarifs prohibitifs et à l’impossibilité de revendre facilement, les spéculateurs ont abandonne leurs acquisitions, entraînant l’apparition de sièges vides malgré l’épuisement annoncé des stocks officiels.

Les autorités marocaines ont réagi en démantèlent un réseau de revendeurs, arrêtant huit personnes mardi. Parallèlement, l’application Yallah, mise en place en septembre 2025, impose des exigences de vérification d’identité pour les transferts de billets. Cette mesure vise à contrôler les flux mais peut freiner les transactions légitimes.

Le coût global d’un séjour au Maroc demeure très élevé pour les supporters, expliquant la faible présence de fans venus de l’étranger. À Agadir, les autorités ont accordé des entrées gratuites pour augmenter l’affluence, créant une atmosphère animée lors des matches égyptiens sans pour autant officialiser cette pratique.

Les relations entre la Confédération africaine de football et le comité d’organisation marocain manquent de fluidité, limitant les possibilités d’ajustements rapides. Le ministère de l’Intérieur maintient des mesures de sécurité strictes que les autorités ne sont pas disposées à assouplir. L’organisation affirme avoir enregistré une augmentation de 50,6 % de l’affluence par rapport à l’édition 2023, bien que ces chiffres méritent une analyse prudente.

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