CAN : Samuel Eto’o reprend le contrôle de la sélection camerounaise après le départ de Marc Brys et la mise à l’écart de plusieurs joueurs

Samuel Eto’o a repris le contrôle total de la fédération camerounaise de football peu de temps avant le début de la Coupe d’Afrique des nations au Maroc. Le président a écrasé ses opposants politiques en remplaçant l’entraîneur belge Marc Brys et en restructurant complètement l’équipe nationale. Cette décision intervient après des mois de tensions internes au sein du football camerounais.
Pendant longtemps, Eto’o a dû accepter l’autorité du ministre des sports Narcisse Mouelle Kombi, qui contrôlait les finances et les contrats de la fédération. Le chef du ministère imposait ses choix concernant l’entraîneur et l’organisation des stages. Eto’o a progressivement placé son propre personnel dans le staff technique, forçant notamment Joachim Mununga, adjoint de Brys, à rester en tribune lors des matchs.
Les relations entre Brys et Eto’o se sont considérablement dégradées. Le sélectionneur belge a tenu des propos irrévérencieux envers son président et aurait insulté l’ancien joueur Timothée Atouba. Des enregistrements audio de ces échanges ont circulé, révélant l’ampleur du conflit. Eto’o, bien que niant tout désaccord avec le ministre, préparait sa revanche depuis longtemps.
La réélection de Paul Biya à la présidence du pays, suivie de celle d’Eto’o à la tête de la Fédération camerounaise le 29 novembre, a déclenché le processus final. Deux jours après son élection, Eto’o a renvoyé Brys et annoncé la liste des joueurs sélectionnés. Cette transition rapide suggère que les plans étaient déjà préparés depuis longtemps.
L’ancienne garde rapprochée d’Onana a payé les frais de ce bouleversement. Des joueurs établis comme Michael Ngadeu, Eric Choupo-Moting, Martin Hongla et Vincent Aboubakar ont été écartés de la sélection. Eto’o a parallélement intégré des éléments qu’il avait lui-même repérés, notamment Christian Kofane de Leverkusen et Eric Junior Dina Ebimbe de Brest.
David Pagou, accompagné d’Ndtoungou Mpile, a été nommé pour remplacer Brys en tant qu’entraîneur. Les observateurs doutent que le nouveau coach décide sans consulter Eto’o, bien que ce dernier affirme laisser une autonomie complète. Au sein de la fédération, personne n’imagine réellement que le nouvel entraîneur agisse indépendamment du patron.
Le ministère des sports a finalement validé tous ces changements, bien qu’une liste de joueurs sélectionnés par Brys ait brièvement circulé sur les réseaux sociaux la veille. Les Lions arrivent au Maroc avec des remous organisationnels importants, mais conservent cette assurance naturelle qui les caractérise habituellement sur le continent africain.



