Football

La vie carcérale de Robinho suscite de vives préoccupations, selon les témoignages rapportant son état psychologique très dégradé

Rob Laurens

Robinho, autrefois star du football mondial, purge sa peine depuis mars 2024 au Brésil après sa condamnation en Italie pour viol collectif commis en 2013. L’ancien joueur de l’AC Milan, du Real Madrid et de Manchester City a longtemps cru pouvoir échapper à l’incarcération en se retirant au Brésil dès 2020.

En décembre 2020, la justice italienne a confirmé sa condamnation à neuf ans de prison ferme et au versement de soixante mille euros à la victime. Le Tribunal supérieur de justice brésilien a finalement accepté en mars 2024 que l’ancien attaquant purge sa peine dans son pays natal, mettant fin à des années d’incertitude juridique.

Robinho a d’abord été détenu à Tremembé, considérée comme la prison la moins dangereuse du Brésil et surnommée la « prison des célébrités ». Il y a passé plus d’un an et demi avant son transfert à Limeira en novembre dernier. Enfermé dans une cellule de huit mètres carrés, il a dû se soumettre à douze jours d’isolement à son arrivée.

Selon Ullisses Campbell, auteur d’un ouvrage sur cette prison, Robinho souffre de graves problèmes psychologiques. Ses avocats lui avaient promis qu’il n’irait jamais en prison. Il refuse de s’adapter à son environnement carcéral, n’a jamais voulu jouer au football avec les autres détenus et a refusé de travailler, alors que ces activités permettent des réductions de peine.

La soirée tragique du 22 janvier 2013 s’est déroulée au Sio Café à Milan. Une jeune femme fêtant son vingt-troisième anniversaire a été isolée, alcoolisée puis violée dans une petite salle sans caméras de surveillance par plusieurs hommes, dont Robinho. Des écoutes téléphoniques ultérieures ont révélé sa culpabilité après qu’il ait d’abord nié les faits.

Dans ses conversations avec des proches, Robinho a minimisé son implication, prétendant avoir « seulement essayé » tandis que d’autres actes sexuels avaient eu lieu. Ces enregistrements accablants ont scellé sa condamnation lors du procès commencé en 2016. Ricardo Falco, coaccusé, a reçu la même peine avant de se suicider en mars dernier.

Sa femme Vivian Guglielmetti continue de le soutenir malgré les critiques publiques. Pendant vingt-deux mois, elle a parcouru trois heures de route chaque week-end pour lui rendre visite à Tremembé, lui apportant repas et jus de fruits. Elle affirme ne pas abandonner sa famille malgré les jugements de la société.

Son fils aîné, Robinho Junior, a entamé une carrière prometteuse à Santos avec le numéro sept, à dix-sept ans. Neymar a publiquement soutenu le jeune joueur en écrivant sur les réseaux sociaux que le père s’était occupé de lui et qu’il ferait de même pour le fils. Robinho regarde les matchs de son équipe depuis sa cellule.

La victime, rentrée en Albanie après les événements, poursuit ses études pour devenir avocate. Son état psychologique reste fragile malgré la présence d’un compagnon. Elle affirme que l’emprisonnement des agresseurs ne constitue pas une victoire mais plutôt une défaite pour tous. Elle n’a pas encore pardonné et dit avoir perdu une partie d’elle-même ce soir-là.

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