Basket : Les confidences de Louis Labeyrie sur son passage en Russie et son avenir en bleu avec cette déclaration humoristique sur Wembanyama et Yabusele

Absent de la sélection française pendant trois ans, Louis Labeyrie fait son retour après un passage en Russie à Kazan. Le joueur de 33 ans, ailier-fort de 2,09 m, avait été jugé non-sélectionnable en vertu d’une charte fédérale adoptée en 2022. Cette disposition interdisait aux joueurs français d’exercer dans le pays responsable de l’invasion de l’Ukraine. D’autres athlètes comme Thomas Heurtel et Amath Mbaye avaient connu le même sort avant de quitter la Russie.
Son cas avait généré moins de bruit que celui de Heurtel, car Labeyrie occupait un poste saturé. Victor Wembanyama et Guerschon Yabusele dominent largement la position d’ailier-fort. Natif de Gonesse, passionné de ski de fond et amateur de grands crus, Labeyrie a réintégré le continent européen avec le club de Gran Canaria. Il avait précédemment remporté le bronze mondial en 2019 en Chine avec les Bleus.
Lors de son séjour à Kazan, où les températures hivernales descendent autour de -10°C, Labeyrie n’a pu pratiquer son sport favori. Sa famille n’avait pas non plus pris racine en Russie. Son épouse, cryophobe, préférait Valence où le couple envisage de s’établir. Ses enfants ne lui rendaient visite qu’une fois tous les mois et demi. Pour occuper les longs hivers, il participait à des activités traditionnelles comme le banya, ce bain russe à base de vapeur chaude et de branchages.
Labeyrie n’a pas ressenti de conflit de conscience en acceptant cette destination. Il considérait la Russie comme un pays fascinant à découvrir, au même titre que la Chine ou l’Inde. Selon lui, seule une présence directe permettait de comprendre la mentalité, la culture et l’histoire locale. Financièrement avantageux, le contrat s’est avéré bénéfique sportivement aussi, puisqu’il a remporté son premier titre national avec Kazan, un événement majeur pour la région du Tatarstan.
Les trois années en Russie se sont déroulées avec certaines contraintes technologiques. Labeyrie devait utiliser trente à quarante VPN pour accéder aux services occidentaux, mais même ainsi YouTube s’avérait instable, WhatsApp ne fonctionnait pas, et les cartes bancaires européennes étaient inutilisables. Instagram et X restaient les seuls réseaux sociaux relativement accessibles. Malgré l’isolement relatif, il gardait le contact avec les joueurs et le staff des Bleus.
Son retour auprès de Frédéric Fauthoux, qui l’avait entraîné à Paris-Levallois entre 2015 et 2017, s’est effectué sans tension. Labeyrie soulignait que l’entraîneur avait considérablement évoluté professionnellement. L’atmosphère s’était révélée chaleureuse dès le premier jour de stage. À 33 ans, Labeyrie devait cohabiter avec d’autres anciens, notamment Andrew Albicy qui en compte 35. Cette coexistence générationnelle requérait une certaine adaptation à la jeunesse de l’équipe.
Concernant ses perspectives d’avenir sportif, Labeyrie restait réaliste sur la Coupe du monde 2027 et les Jeux olympiques 2028. La domination de Wembanyama et Yabusele rend sa sélection quasi impossible. Avec humour, il estimait que seule une éclipse solaire rendant ces deux joueurs aveugles pourrait modifier la donne. Il reconnaissait l’impressionnant développement de Wembanyama et espérait sincèrement que le jeune talent apporterait des médailles et des trophées à l’équipe nationale.



