Comment la Fédération internationale accueille la Russie avec tous les honneurs sur le tatami ?
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Comment la Fédération internationale accueille la Russie avec tous les honneurs sur le tatami ?

Hamza Chouraqui

La Fédération internationale de judo a pris une décision majeure en autorisant jeudi les athlètes russes à participer à ses compétitions avec hymne national et drapeau. Cette annonce intervient la veille de l’ouverture du Grand Chelem d’Abu Dhabi aux Émirats arabes unis, marquant un tournant significatif dans la politique de réintégration.

L’IJF justifie sa position en affirmant que la Russie demeure une nation de premier plan du judo et que son retour enrichira les compétitions. L’organisation souligne également que les athlètes ne sont pas responsables des décisions gouvernementales et qu’il est de son devoir de protéger le sport. Cette approche s’inscrit dans la continuité de la réintégration complète des judokas biélorusses décidée en juin.

Stéphane Nomis, président de la Fédération française de judo et membre du comité exécutif de l’IJF depuis juin, a participé au vote mercredi soir. Il reconnaît sa position délicate, rappelant que la France s’oppose aux conflits armés et soutient l’Ukraine. Après consultation avec les autorités sportives françaises, il souligne que la décision représente un appel à la paix pour de nombreux membres du comité.

Cette position tranche avec celle du Comité international olympique, qui maintient une approche plus restrictive. Concernant le patinage artistique aux Jeux futurs, le CIO a publié une liste d’athlètes russes et biélorusses autorisés à participer, mais sans hymne ni drapeau, conformément à la mission de paix du mouvement olympique.

Le Comité international paralympique adopte une approche différente en annonçant le 27 septembre le retour de la Russie et de la Biélorussie comme membres de plein droit, les autorisant à participer aux futurs Jeux d’hiver sous réserve d’approbation des fédérations internationales respectives.

Avant ces développements récents, tous les athlètes russes et biélorusses avaient été bannis des compétitions internationales suite à l’invasion ukrainienne en février 2022. Le CIO avait progressivement assoupli les sanctions à partir de mars 2023, permettant leur réintégration sous bannière neutre et à titre individuel uniquement.

Cette décision du judo avait provoqué le boycott des Mondiaux par l’Ukraine en mai 2023 à Doha. Lors des qualifications pour Paris 2024, dix-sept judokas russes avaient obtenu leurs billets, mais le CIO n’en avait autorisé que quatre, ce qui avait suscité la protestation de la Fédération russe qui a refusé de participer aux Jeux parisiens.

L’escrime a préalablement ouvert une voie similaire en permettant le retour des athlètes au printemps 2023 sous bannière neutre. Aux Mondiaux 2025 à Tbilissi en juillet, la Fédération internationale d’escrime a encore assoupli ses conditions, remplaçant les vérifications de cybersécurité par une simple déclaration de neutralité et autorisant la participation par équipes. Les athlètes russes ont contourné les règles en portant des survêtements aux couleurs nationales, questionnant ainsi l’application réelle de la neutralité requise.

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